BOOZ ENDORMI

BOOZ ENDORMI
Victor Hugo nous a raconté dans les Contemplations combien il fut émerveillé, lui et ses frères, par la découverte de la Bible, pendant son enfance, lors de son séjour aux Feuillantines. Il découvrit dans ce livre inspiré un recueil de belles histoires qui façonna son imaginaire. Il n'est donc pas étonnant qu'il y puisât abondamment lors de la rédaction de la Légende des siècles, lorsqu'il voulut rendre compte poétiquement de l'histoire de l'humanité. Le poème de « Booz endormi » retrace un moment de l'histoire humaine des ascendants de Jésus ; il est librement inspiré du Livre de Rutha. Booz est l'aïeul de Jessé, père de David, roi d'Israël, lui-même ancêtre du père adoptif de Jésus, Joseph. Ce poème retrace un épisode de la préparation de la venue de Jésus comme Messie au travers d'une histoire très humaine : celle de la rencontre providentielle de Booz et Ruth, la Moabite. La liberté humaine est tout à la fois respectée et conduite par l'esprit de Dieu pour concourir à sa destinée incarnée dans la naissance du Christ. Cette liberté passe par la naissance d'un amour humain au départ doublement impossible entre un vieillard juif et une jeune étrangère moabite. Hugo décrit l'éveil de cette affection avec lyrisme. Ici tout n'est que calme, communion à la nature et soumission à l'ordre divin.

« Booz endormi » est inspiré par le livre de Ruth. Victor Hugo fait l'impasse totale sur l'histoire dramatique de Ruth, née à Moab où elle avait épousé le fils de Noémie. Les deux femmes devenues veuves, donc sans statut social, Noémie décide de rentrer dans son pays à Bethléem. Et sa bru, par fidélité et par affection décide de l'accompagner, plutôt que de se remarier à Moab. Selon la Loi, une veuve jeune et sans enfant doit épouser le plus proche parent de son mari. Booz n'est peut-être pas le plus proche, mais c'est à la fois le plus âgé et le plus riche. Noémie jette son dévolu sur lui et pousse Ruth à profiter de la moisson pour se faire engager comme glaneuse, le séduire et s'en faire épouser.
Ce serait une histoire fort peu édifiante, si le dessein de Dieu ne s'y faisait jour. De l'union de Booz et de Ruth proviendra la lignée dont seront issus David et ses descendants, puis Jésus-Christ lui-même.
Ce que Hugo a voulu montrer ici c'est la toute puissance de Dieu dont les desseins ne sont pas toujours clairs pour les hommes, cependant disponibles pour accomplir sa volonté.

Le portrait d'un juste ou un vieillard admirable
Le sommeil du juste, un agriculteur proche de la terre.
Un homme récompensé, béni par l'abondance de ses récoltes : ce sont des sons coulants très euphoniques, propres aux évocations de visions et de scènes agréables, de sentiments paisibles, et au traitement d'un sujet sur le ton élégiaque. le son long évoquent la paix, l'écoulement de la surabondance. C'est le signe de son amitié avec Dieu.
Booz est le contraire du mauvais riche. Son monde matériel est en harmonie symboliquement avec son monde moral : à noter la personnification de la gerbe par une hypallage (attributs qui concernent d'autres mots) au vers 10 et le zeugma (alliance de réalités concrètes et abstraites pour créer la surprise : incongruité comique le plus souvent, mais ici poétique, parfois tragique...) du vers 14.
Un jeune vieillard ou un vieillard encore jeune car son c½ur est généreux, ce qui est traduit des vers 12 à 16 par l'image du ruisseau et l'élargissement épique de la fontaine publique accessible à toute la communauté, surtout aux plus nécessiteux.
Comparaison avec le jeune homme qui tourne à l'avantage du vieillard, même en termes de séduction auprès des femmes. La noblesse et la sagesse du vieillard préparent la rencontre extraordinaire de Ruth et Booz. Cette représentation du « beau vieillard » est récurrente chez Hugo.

Une poésie biblique merveilleuse : les deux songes parallèles
D'abord le renvoi à des « temps très anciens » est l'équivalent du « il était une fois » des contes. Hugo nous dépayse en mélangeant subtilement les temps bibliques et même prébibliques : le temps des juges et la fin du nomadisme est une allusion au Livre de Ruth, le déluge renvoie à la Genèse, les « empreintes de pied de géant » à une période indéterminée avant le déluge. Nous sommes un peu plus plongés dans l'époque mythique.
Le sommeil de Booz ensuite renvoie à d'autres scènes bibliques réelles ou inventées : si Jacob rêve d'une échelle reliant le ciel à la terre et parcourue par les anges, Judith n'est pas gratifiée d'une telle expérience mystique dans la Bible. Le vers 33 est incantatoire dans sa répétition et sa référence à des personnages fondateurs ou constitutifs du judaïsme. Ils servent à préparer au caractère sacré du songe. Le sommeil et le songe sont le temps de Dieu. Alors que la présence de la réalité du monde s'estompe, Dieu — comme le poète d'ailleurs — peut parler à sa créature sous forme d'images hautement symboliques que l'esprit humain doit interpréter. L'image utilisée ici est couramment nommée « l'arbre de Jessé » souvent représentée au Moyen Âge : c'est l'arbre généalogique du Christ. Hugo n'insiste pas sur le sens couramment admis par l'exégèse traditionnelle de cet arbre à savoir que l'incarnation du Christ s'inscrit dans une longue hérédité humaine, une histoire où se mêlent vertus et crimes, elle n'est pas un beau conte, une réalité idéalisée, mais l'aboutissement d'une lignée pécheresse. Hugo ne garde que les éléments merveilleux : cet arbre est un « chêne », symbole de puissance Abraham rencontre les trois envoyés de Dieu sous le chêne de Mambré. Un roi, David, chante en bas : ce roi est aussi un poète inspiré à qui la tradition attribue la plupart des psaumes. En haut meurt l'homme-Dieu. Notons la construction inversée qui oppose la grandeur du roi à l'humilité et l'abaissement du Christ. Il est ainsi suggéré que l'arbre se transforme dans le bois de la croix.
Le dialogue entre Booz et Dieu est celui de l'épreuve de la foi. Dieu peut réaliser des miracles là où la nature humaine est limitée. Un des signes privilégiés dans la Bible est la fécondité charnelle (et surtout spirituelle) du vieillard. Avant Booz, Abraham et Sarah ont eu Isaac dans leur vieil âge. C'est aussi la préfiguration de la croix : la vie ressurgit du bois mort. Ici Hugo mêle étroitement et symboliquement mort et nuptialité dans les vers 45 à 48. Ensuite survient une opposition déjà abordée aux vers 21 à 23, un réseau d'images la sous-tend, le chêne majestueux est devenu le bouleau tremblant, le rythme se ralentit comme à la veille d'une vie finissante (vers 54 – 56), le symbole s'épanouit avec l'image du b½uf altéré (l'image de la soif comme désir de Dieu traverse toute la Bible, Hugo ici la reprend à son compte avec l'assimilation de Booz à une bête de trait qui a bien rempli son ouvrage).
L'image de l'arbre subit son ultime transformation : le bouleau est devenu cèdre, c'est l'arbre qui a servi à construire le temple, le saint des saints. En même temps cet arbre majestueux est associé à la rose, image de l'amour courtois. C'est peut-être aussi une transcription de l'image reprise dans le « Chêne et le Roseau » où La Fontaine oppose force et faiblesse, orgueil et humilité. Ici Hugo les réunit pour montrer que les desseins de Dieu s'ils sont imposants s'incarnent néanmoins dans une réalité humaine toute simple. C'est pour lui l'occasion de chanter la grandeur et la beauté de l'amour humain.
Au rêve extatique de Booz s'oppose le songe éveillé et plus réaliste de Ruth. D'abord Hugo nous présente une femme plus charnelle, « le sein nub », portée par son désir, instrument secret du projet divin. La femme est une puissance de vie, elle a pour vocation d'engendrer.

La magie de la nature nocturne : le sacre de l'amour humain
Des sons coulants : très euphoniques, propres aux évocations de visions et de scènes agréables, de sentiments paisibles, et au traitement d'un sujet sur le ton élégiaque :
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.

Des vers qui doivent leur charme à l'emploi judicieux de la consonne liquide et de la labiale .
Rythme ternaire qui indique paix et plénitude « nuptiale, auguste et solennelle ».
Recours au merveilleux avec les anges qui passent. Poésie de l'allusif avec l'estompage des sensations.
Une nature proche de la plénitude, une douceur qui évoquent la présence discrète du créateur. Même les lions sont comme revenus au jardin d'Eden car les bêtes sauvages semblent cohabiter paisiblement avec l'homme.
Couleur locale des noms de lieux comme Galgala, Ur et au besoin inventé comme Jerimadeth.
Belle métaphore filée du moissonneur pleine de connotations : le poème se passe à Bethléem, la cité de David et lieu de naissance de Jésus, c'est la « cité du pain » en hébreu. C'est l'image du dur mais beau métier de Booz et de Ruth, la glaneuse. Par ailleurs les symboles de la moisson, du pain parcourent toute la Bible et particulièrement le nouveau testament. Jésus est le « pain de vie » ; enfin c'est l'image de l'humanité à convertir où Dieu envoie ses ouvriers à la moisson ; quant au moissonneur, il évoque aussi le roi en gloire du jugement dernier qui aura à séparer l'ivraie du bon grain.
Conclusion
C'est un « poème de paix biblique, patriarcale, nocturne » selon les termes de Charles Péguy. Hugo a construit là un de ses chefs-d'½uvre par une poésie suggestive où s'accumule une suite d'images. Ce réseau de symboles suggère un climat surnaturel propre à évoquer la rencontre secrète de l'homme avec Dieu, un de ces moments rares où le destin de l'humanité se construit, où l'homme est appelé mystérieusement à grandir, à se spiritualiser. En fait l'homme ne comprend pas le dessein mystérieux de son créateur.

« Booz ne savait point qu'une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle. »

Mais sa bonne volonté le rend disponible à ce projet pour peu qu'il se laisse pénétrer par le caractère sacré du lieu et de l'heure. Dieu se révèle ici et parle au c½ur de l'homme au travers de l'harmonie de la nature.

EXTRAIT DES ETUDES LITTERAIRES
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# Posté le mardi 26 mai 2009 11:16

BOOZ ENDORMI

 BOOZ ENDORMI
Booz s'était couché de fatigue accablé ;
Il avait tout le jour travaillé dans son aire ;
Puis avait fait son lit à sa place ordinaire ;
Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé.

Il était, quoique riche, à la justice enclin ;
Il n'avait pas de fange en l'eau de son moulin ;
Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge.

Sa barbe était d'argent comme un ruisseau d'avril.
Sa gerbe n'était point avare ni haineuse ;
Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse :
— Laissez tomber exprès des épis, disait-il.

Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques,
Vêtu de probité candide et de lin blanc ;
Et, toujours du côté des pauvres ruisselant,
Ses sacs de grain semblaient des fontaines publiques.

Booz était bon maître et fidèle parent ;
Il était généreux, quoiqu'il fût économe ;
Les femmes regardaient Booz plus qu'un jeune homme,
Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.

Le vieillard qui revient vers la source première,
Entre aux jours éternels et sort des jours changeants ;
Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,
Mais dans l'½il du vieillard on voit de la lumière.

Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les siens.
Près des meules, qu'on eût prises pour des décombres,
Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres ;
Et ceci se passait dans des temps très anciens.

Les tribus d'Israël avaient pour chef un juge ;
La terre, où l'homme errait sous la tente, inquiet
Des empreintes de pieds de géants qu'il voyait,
Était encor mouillée et molle du déluge.

Comme dormait Jacob, comme dormait Judith,
Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée ;
Or, la porte du ciel s'étant entre-bâillée
Au-dessus de sa tête, un songe en descendit.

Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne
Qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu ;
Une race y montait comme une longue chaîne ;
Un roi chantait en bas, en haut mourait un Dieu.

Et Booz murmurait avec la voix de l'âme :
— Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt ?
Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt,
Et je n'ai pas de fils, et je n'ai plus de femme.

— Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi,
Ô Seigneur ! a quitté ma couche pour la vôtre ;
Et nous sommes encor tout mêlés l'un à l'autre,
Elle à demi vivante et moi mort à demi.

— Une race naîtrait de moi ! Comment le croire ?
Comment se pourrait-il que j'eusse des enfants ?
Quand on est jeune, on a des matins triomphants ;
Le jour sort de la nuit comme une victoire ;

— Mais, vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le bouleau ;
Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe,
Et je courbe, ô mon Dieu ! mon âme vers la tombe,
Comme un b½uf ayant soif penche son front vers l'eau.

Ainsi parlait Booz dans le rêve et l'extase,
Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés ;
Le cèdre ne sent pas une rose à sa base,
Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds.

Pendant qu'il sommeillait, Ruth, une moabite,
S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,
Espérant on ne sait quel rayon inconnu,
Quand viendrait du réveil la lumière subite.

Booz ne savait point qu'une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle.
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.

L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle ;
Les anges y volaient sans doute obscurément,
Car on voyait passer dans la nuit, par moment,
Quelque chose de bleu qui paraissait une aile.

La respiration de Booz, qui dormait,
Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.
On était dans le mois où la nature est douce,
Les collines ayant des lis sur leur sommet.

Ruth songeait et Booz dormait ; l'herbe était noire ;
Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;
Une immense bonté tombait du firmament ;
C'était l'heure tranquille où les lions vont boire.

Tout reposait dans Ur et dans Jéridameth ;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,

Immobile, ouvrant l'½il à moitié sous ses voiles,
Quel Dieu, quel moissonneur de l'éternel été,
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champs des étoiles.

VICTOR HUGO
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# Posté le mardi 26 mai 2009 10:48

SHABBAT SHALOM

SHABBAT SHALOM
PARACHAT BEMIDBAR

Dans le désert du Sinaï, D.ieu demande à Moïse d'effectuer un nouveau dénombrement des enfants d'Israël, et lui expose la façon dont doivent être disposés les camps autour du sanctuaire ainsi que leur ordre de marche. Il lui indique aussi les rôles des différentes familles de la tribu de Lévi en commençant par les cohanim fils d'Aaron et les Qehatites, dont sont issus Aaron et Moïse, chargés du transport des ustensiles du sanctuaire


Israël se met en route vers la Terre promise en passant par le désert du Mont Sinaï
Mai avant cela l'E.ternel tient à procéder au dénombrement des enfants d'Israël. Il veut savoir combien ils sont par tribu et en nombre total., il veut connaître tous ceux qui ont acceptés au Sinaï de se soumettre à ses commandements.
D.ieu veut uniquement ceux qui se sont liés à Lui par une alliance éternelle, chaque individu est précieux pour D.ieu, chaque élément du corps est précieux, chaque élément de l'arbre est précieux.
Au pied du Mont Sinaï chacun est libre d'obéir ou pas, d'être fidèle à D.ieu ou pas.
L'E.ternel sait, sans faire de comptes combien sont ses enfants.
Mais s'Il a procédé à ce dénombrement c'est afin que les hébreux sachent eux-mêmes combien ils étaient pour pouvoir combattre et accomplir la mission que D.ieu leur conférait au milieu des nations, Israël prenait ainsi conscience de leur force.
Venons au pied du Mont Sinaï, traversons ce désert qui va nous fortifier dans la foi, nous enseigner, nous préparer. Prenons conscience de notre force et soumettons-nous à sa parole dans son obéissance.

Nombres 1 : 1 à 4 : 20
1 Samuel 20 : 18 - 42
1 Corinthiens 2 - 12 -16

# Posté le vendredi 22 mai 2009 04:10

SHABBAT SHALOM

SHABBAT SHALOM
Magique Sinaï

PAR SYLVIANE


La vie est pleine de surprises. Certaines n'ont pas d'incidence particulière, d'autres par contre sont placées sur notre chemin et ne sont pas anodines. Je dirai même qu'elles contribuent à notre devenir.
Nous prenons des décisions pas toujours heureuses, mais parfois nous faisons des choix qui semblent être le fait total du hasard, mais qui ne le sont pas !

C'est ce qui m'est arrivé en 1987, où païenne de mon état, j'errai dans le dédale de la vie, cherchant désespérément des lueurs de bonheur ici et là, mais lorsque je croyais les atteindre, elles s'évanouissaient aussi vite qu'elles étaient apparues.

J'espérais tellement qu'il existât autre chose que ce que l'on voit, ce que l'on entend, ce qui nous entoure, qu'il existât un lieu secret où tout était paisible et serein. Un rêve inavoué enfoui au fond de mon être aspirait à ce que D-ieu existât, cela semblait si beau, trop beau...

J'envisageai de faire un voyage à l'étranger, mais je n'avais pas de destination précise, si ce n'est une grande envie de découvrir le désert.

Jusqu'au jour où je tombai par hasard sur une brochure qui proposait un raid en 4/4, Magique Sinaï.

Je fus littéralement fascinée par les quelques lignes de présentation :

Magique Sinaï
Nous vous proposons de partir à la recherche de Moïse. Nous devrons emprunter le tunnel sous la mer Rouge. Entre le golfe de Suez, la mer Méditerranée et le golfe d'Aqaba, le Sinaï est une région désertique et montagneuse dont le point culminant est le Mont Sainte-Catherine, appelé aussi Mont Moïse (2462 m).
A la recherche du chemin suivi par les Hébreux, nous passerons l'oasis pittoresque d'Ayoun Mousa « les sources de Moïse ». Par un sentier édifié par les nomades, nous monterons au Mont Moïse, vue impressionnante, etc... etc...

Ce «magique Sinaï » me captivait et je m'imaginais déjà sillonnant le désert et vivant une grande aventure. Cela devint une obsession. Avec le recul du temps, je dois avouer qu'à cette époque j'étais en recherche de quelque chose de fort, de quelque chose qui puisse m'aider à évacuer ce mal être qui me rongeait.

Le nom de Moïse m'avait attirée. J'avais bien sûr déjà entendu parler de Moïse ou vu des films, mais tout cela était bien flou dans mon esprit, et pour moi ce n'était qu'une belle légende parmi tant d'autres.

C'est ainsi qu'en novembre 1987, je me lançais pleine d'espoir, avec un groupe de cinq personnes, parcourant le désert en land-rover sur les traces de Moïse. J'étais assoiffée, mais de quoi je n'en avais pas vraiment conscience. Ce que je savais c'est que je ne pouvais plus vivre ainsi, avec l'angoisse du lendemain, avec cette destinée terrifiante que les médecins m'avaient prédite dès la petite enfance, avec toutes ces horreurs qui revenaient me hanter jour et nuit.

Des moments intenses étaient au rendez-vous pendant cette folle escapade dans le désert, parfum d'ivresse et de liberté.

Je me souviens des aubes auréolées de promesses où je restais juchée sur des petites collines pour écouter le silence...

Je me souviens de cette paix qui l'espace d'un instant effaçait tant de douleurs, tant de tumultes. D'où venait-elle cette présence invisible et silencieuse qui me caressait et me désaltérait de mille tendresses ?

Je me souviens aussi avec amusement et émotion de cette ascension du Mont Moïse, où épuisée de fatigue, je suis tombée quatre fois sur le chemin rocailleux, pleurant de colère et de découragement, levant les yeux au ciel en criant : Moïse, aide-moi ! » J'étais déterminée à aller jusqu'en haut, dussé-je continuer la montée en rampant !

Cinq ans plus tard

...Ce n'était pas un rêve. J'étais là en cet été 1992, enivrée de bonheur, savourant comme sur un nuage, la plénitude douce et ouatée qui m'enveloppait à chaque instant sur cette terre d'Israël, avec cette sensation de renaître. A nouveau, je riais, je vibrais, je respirais à fond la beauté, les senteurs... la Vie.

Ces cinq dernières années avaient été un chaos, un brisement dont j'ai cru ne jamais pouvoir me relever jusqu'à souhaiter mourir pour être délivrée du cauchemar qui étouffait mon âme, mes pensées et mon corps.

Et puis, un jour tout m'a semblé plus lumineux, tout m'a semblé possible, même l'impossible. Un fol espoir m'avait envahie auquel je me raccrochais comme à une bouée de sauvetage.

Et un matin de printemps 1992, j'ai fait un v½u fort et poignant :

« O Seigneur, redonne-moi des forces, de la vitalité, permets que mes yeux à nouveau puisse contempler ta création, permets moi de pouvoir voyager à nouveau, et je Te promets que mon prochain voyage sera Israël. »

Certes, c'était une prière bien maladroite et naïve, mais elle était d'une telle sincérité ! une promesse belle et pure, enfantine mais profonde, comme le sont les prières des âmes toutes frêles qui viennent de découvrir avec émerveillement que D-ieu les aime.

C'est ainsi que je me retrouvai en Israël pour un voyage de quinze jours, incluant une escapade dans le désert du Sinaï, avec un groupe de chrétiens.

Excursion dans le désert du Sinaï – 28 juillet 1992

Quel hasard, pourrait-on dire, mon dernier voyage que je croyais être le dernier, avait été le Sinaï... puis durant cinq longues années, j'ai erré dans un désert de solitude et d'angoisses, ballottée tel un pantin désarticulé d'hôpitaux en hôpitaux, de déceptions en désillusions, sombrant vers le néant...

Et je me retrouve ce 28 juillet 1992 sur les traces de Moïse... Bible en main !

Il faisait encore nuit lorsque je franchis avec le groupe et notre guide israélienne, la frontière Israélo-Egyptienne à Taba. Là, nos passeports et visas sont épluchés scrupuleusement par les agents égyptiens.

Enjeu de violents combats en 1967 et 1973 entre les pays arabes et Israël, le Sinaï a été en 1982 déclaré possession égyptienne. Le passage à la frontière de Taba est donc toujours un peu tendu. Les chauffeurs israéliens ne peuvent pas entrer en Egypte, c'est pourquoi nous devons prendre un bus égyptien avec des guides du pays, à cause de la concurrence touristique.

De grands hôtels se trouvent non loin de la frontière. Ils sont délabrés et ont du connaître des jours meilleurs. Ils appartenaient à Israël avant que la frontière ne soit retracée. Notre guide israélienne, Dina, nous dit avec beaucoup de tact : « Ces hôtels sont passés du côté égyptien. Israël en a fait cadeau à l'Egypte. Ils étaient très luxueux et sophistiqués, mais les égyptiens n'ayant pas le même sens de l'organisation que les israéliens, ils sont tombés peu à peu en désuétude... »

Le jour se lève tandis que nous roulons à travers le désert. Cet instant est grandiose et émouvant à la fois. Les couleurs changent en harmonie avec l'aube naissante, en harmonie avec mes propres sentiments. C'est un spectacle fantastique et merveilleux dans le désert.

Je suis très émue de me retrouver à nouveau sur les traces de Moïse ! Nous roulons plusieurs heures en contemplant l'immensité désertique, bercés par la douceur du moment. Le soleil est maintenant haut dans le ciel et les teintes ont changé. La chaleur est intense et les bouteilles d'eau sont les bienvenues.

Le paysage défile sous mes yeux ébahis. Je ne me lasserai jamais de ce décor fascinant. Des montagnes rocheuses succèdent aux longues étendues sablonneuses. De temps en temps un arbre apparaît, comme perdu au milieu de l'immensité. Par endroits, des dromadaires nous observent d'un ½il blasé.

Et D-ieu fit faire au peuple un détour par le chemin du désert vers la mer Rouge .
Exode 13/18

C'est dans le désert du Sinaï qu'a erré pendant quarante ans le peuple hébreu. D-ieu avait donné mission à Moïse de faire sortir le peuple d'Egypte, pour le conduire jusqu'au pays promis, le pays où coulent le lait et le miel...

Le désert du Sinaï est rempli de sites où D-ieu s'est manifesté pour parler à Son peuple. On ne peut pas y rester insensible, je me rappelle l'étrange impression que j'avais eue, il y a cinq ans. J'avais ressenti sans rien connaître des choses de D-ieu que quelque chose de miraculeux s'était produit dans ce désert.

Des images du passé affluent, et je me revois cinq ans auparavant, juchée en haut d'un rocher, admirant le lever du soleil et contemplant l'infini. Le silence était impressionnant car total. Je restais des heures ainsi, à la recherche d'un créateur qui existait déjà dans mon c½ur.

Le Sinaï a été témoin de nombreuses batailles militaires qui ont eu lieu à l'époque des pharaons, depuis Ahmès I jusqu'à la guerre d'octobre 1973. Aujourd'hui, le matériel de guerre disparaît de plus en plus, englouti par le sable. Les postes militaires sont nombreux et nous sommes arrêtés de temps en temps pour des contrôles.

En 333, Alexandre le Grand traversa le Sinaï lors de sa conquête d'Egypte. Les derniers qui empruntèrent cette voie furent les arables musulmans.

Par sa place géographique, la péninsule du Sinaï constitue le point de liaison entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe par voie de terre. L'or, le cuivre et la turquoise y ont été puisés, ce qui valût au Sinaï le nom de « pays de la turquoise ».

Le Sinaï jouit de paysages fascinants. Au sud ce sont des montagnes élevées alors qu'au nord, tout au long de la côte, s'étendent des arbres et des palmeraies. Il est aussi renommé pour ses sources d'eau douce. La longueur de son littoral dépasse 750 kms. Toutes les régions côtières constituent des stations balnéaires naturelles. Le Sinaï est de forme triangulaire et se situe entre les deux bras de la mer Rouge.

La mer Rouge, qui n'en a jamais rêvé ! Mystérieuse ou limpide, tumultueuse ou sereine et protectrice...

L'E-ternel dit à Moïse : étends ta main sur la mer et fends-là, et les enfants d'Israël marcheront au milieu de la mer à sec... Les égyptiens les poursuivront... L'E-ternel dit à Moïse : étends ta main sur la mer et les eaux reviendront sur les égyptiens. Les eaux revinrent et recouvrirent les chars, les cavaliers et toute l'armée de Pharaon, il n'en échappa pas un seul.
Exode 14

Nous faisons un arrêt au lieu dit des « sources de Moïse ». C'est magnifique, de l'eau et des palmiers en plein désert ! A un endroit les sources forment même une petite cascade. Nous profitons de cette halte pour nous éclabousser et nous rafraîchir. Des cris de joie fusent de toutes parts.

... Ils ne trouvèrent point d'eau. Le peuple murmura contre Moïse en disant : Que boirons-nous ?...
Moïse cria à l'E-ternel, et ils arrivèrent à Elim où il y avait douze sources d'eau et soixante-dix palmiers. Ils campèrent là, près de l'eau.
Exode 15/27

Nous repartons, ragaillardis et excités comme des enfants. Nous arrivons dans la région de Sin. Elle fût connue dès les temps anciens pour ses mines de cuivre, de fer, d'ocre et de pierres précieuses. Bien avant l'époque d'Abraham, les rois de l'Orient avaient tracé une route autour des bords nord et ouest du désert d'Arabie, en direction de cette région.

Et ils arrivèrent au désert de Sin qui est entre Elim et Sinaï... toute l'assemblée murmura contre Moïse : Nous as-tu mené au désert pour faire mourir de faim toute cette multitude ?
L'E-ternel s'adressa à Moïse et dit : J'ai entendu les murmures des enfants d'Israël...
Le soir, il survint des cailles qui couvrirent le camp et à la surface du désert il y avait du pain...
La maison d'Israël donna à cette nourriture le nom de manne... Les enfants d'Israël mangèrent de la manne pendant quarante ans jusqu'à leur arrivée aux frontières du pays de Canaan.
Exode 16

Le minibus file sur la piste sablonneuse et nous apercevons au loin le mont Sinaï. Il est aussi appelé mont Moïse ou mont Sainte-Catherine. Des vagues d'émotion font bondir mon c½ur. Je suis éblouie par son imposante majesté. Il est constitué d'une masse isolée de rochers s'élevant abruptement au dessus de la plaine. Il est situé vers la pointe sud de la péninsule.

Le cinquième mois après leur sortie du pays d'Egypte, les enfants d'Israël arrivèrent ce jour-là dans le désert de Sinaï et ils campèrent dans le désert. Et Israël campa, là, devant la montagne.
Exode 19/1 et 2

Le monastère Sainte-Catherine s'étend amoureusement à ses pieds. C'est un bâtiment imposant, une véritable forteresse en plein désert, agrémentée d'un grand jardin et d'arbres de toute sorte. Des moines orthodoxes y vivent en complète autarcie depuis des siècles.

Arrivée au pied du mont, je suis irrésistiblement entraînée vers ce petit chemin qui part en lacet et qui mène vers le sommet. A pas lents et portée par une joie inexprimable, je commence l'ascension, m'arrêtant régulièrement pour me reposer et pour contempler le paysage sublime et fabuleux qui m'entoure.

Moïse monta vers D-ieu et l'E-ternel lui dit : tu parleras aux enfants d'Israël... Voici je viendrai vers toi dans une épaisse nuée afin que le peuple entende quand je te parlerai.
Exode 19/3 et 9


Des larmes de bonheur glissent douces et apaisantes sur mes joues, alors que les souvenirs rejaillissent avec force. En novembre 1987, j'avais bien cru que je n'arriverai jamais à bout de cette montée vertigineuse, escarpée et abrupte.

je me revoyais comme dans un songe, les yeux ruisselants de larmes d'épuisement, m'effondrant à quatre reprises sur le sol, et implorant Moïse afin qu'il m'aide à continuer ! Avec le recul du temps, cela me parût comique et attendrissant à la fois.

Au bout de quatre heures d'ascencion, le chemin continue sous forme de marches taillées irrégulièrement dans la pierre. Et il me fallut encore une bonne heure pour atteindre le sommet.

Mais quelle récompense que ce paysage grandiose et cette splendeur majestueuse à couper le souffle.

Les yeux perdus dans le vide, je me plonge à l'époque de Moïse. Il a du avoir tellement de mal à venir jusqu'ici. Le petit chemin sinueux n'existait pas.

Le troisième jour au matin, il y eut des tonnerres, des éclairs et une épaisse nuée sur la montagne. Le son de la trompette retentit fortement et tout le peuple qui était dans le camp fut saisi d'épouvante...
Moïse parlait et D-ieu lui répondait à haute voix...
Ainsi l'E-ternel descendit sur le sommet de la montagne de Sinaï et l'E-ternel appela Moïse au sommet de la montagne, et Moïse monta...
Exode 19/16 et 20

Je me laisse envahir par mille pensées. Les enfants d'Israël étaient au pied de la montagne. Ce fût un jour terrifiant que ce grand jour où D-ieu donna la Thora à Moïse, la montagne toute entière était la proie des flammes et des tremblements de terre. Des trompettes célestes d'une force inouïe retentissaient...

Alors D-ieu prononça toutes ces paroles en disant :
Je suis l'Eternel, ton D-ieu qui t'a fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude.
tu n'auras point d'autres dieux devant ma face...
- Tu ne feras point d'image taillée...
Tu ne prendras point le nom de l'E-ternel, ton D-ieu, en vain...
Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier...
Honore ton père et ta mère...
Tu ne tueras point
Tu ne commettras point d'adultère
Tu ne déroberas point
Tu ne porteras point de faux témoignages contre ton prochain
Tu ne convoiteras point...
o Exode 20/1 à 17


Moïse resta très longtemps au sommet de la montagne tandis
que D-ieu lui dictait les lois et commandements de la Thora.

...Et Moïse descendit de la montagne, les deux tables du témoignage dans sa main. Les tables étaient écrites des deux côtés. Et les tables étaient l'ouvrage de D-ieu, et l'écriture était l'écriture de D-ieu gravée sur les tables.
Exode 32/15 et 16


Lorsque Moïse redescendit de la montagne, il fût accablé par le triste spectacle du veau d'or et des danses...



Et la colère de Moïse s'embrasa et il jeta de ses mains les tables, et les brisa au pied de la montagne.
Exode 32/19

Et les enfants d'Israël vécurent encore mille péripéties dans ce désert, où ils errèrent encore quarante ans avant d'entrer sur la terre de la promesse.

Moïse n'entra pas dans le pays promis, le pays où coulent le lait et le miel...

Et Moïse monta des plaines de Moab sur le mont Nebo qui est vis-à-vis de Jéricho. L'E-ternel lui fit voir tout le pays...
Et l'Eternel lui dit : C'est ici le pays que j'ai juré à Abraham, à Isaac et à Jacob, disant : Je le donnerai à ta semence.
Je te l'ai fait voir de tes yeux mais tu n'y passeras pas.
Et Moïse, serviteur de l'E-ternel mourut là, dans le pays de Moab.
Deutéronome 34/1 à 6

J'ai toujours été profondément attristée par ce passage. Je pleure encore aujourd'hui en lisant ces lignes, en songeant aux larmes abondantes ruisselant sur le visage de Moïse lorsqu'il aperçut au loin le pays de la promesse...

Shavouot, fête de la Thora, nous rappelle que D-ieu a donné la Thora à son Peuple au c½ur de ce désert.

Cette montagne du Sinaï a bouleversé ma vie, le c½ur des hommes et l'humanité toute entière.

Même s'il reste encore des vestiges de la lointaine
Egypte, la Parole de D-ieu, Elle, demeure éternellement.
# Posté le vendredi 22 mai 2009 04:01

YOM YERUSHALAÏM

YOM YERUSHALAÏM
Si je t'oublie Jérusalem, que ma main droite m'oublie...


YOM YERUSHALAÏM

28 Iyar 5727
7 juin 1967

22 mai 2009
anniversaire de la réunification
de Jérusalem


ISRAËL, MON AMOUR

A ta naissance, au jour où tu naquis, ton cordon n'a pas été coupé, tu n'as pas été lavée dans l'eau pour être purifiée, tu n'as pas été frottée avec du sel, tu n'as pas été enveloppée de langes.
Nul n'a porté sur toi un regard de pitié pour te faire une seule de ces choses parce qu'on avait horreur de toi.
Je passai près de toi, je t'aperçus baignée dans ton sang, et Je te dis « Vis dans ton sang ! ». Je t'ai multipliée par dix milliers comme les herbes des champs, et tu pris de l'accroissement, tu grandis, tu devins d'une beauté parfaite. Tes seins se formèrent, ta chevelure se développa, mais tu étais nue, entièrement nue.
Je passai près de toi, Je te regardai et voici
Le temps était là, le temps des amours.

J'étendis sur toi le pan de ma robe, Je couvris ta nudité, Je te jurai fidélité, Je fis alliance avec toi, dit l'E-ternel, et tu fus à Moi.

Ezéchiel 16/ 14 à 8


Yom Yerushalaïm, le jour de Jérusalem, est une fête célébrée chaque année en Israël et dans certaines communautés de la diaspora, en souvenir de la réunification de Jérusalem qui eut lieu au cours de la guerre des six jours le
28 Iyar 5727 (7 juin 1967).

En cette année civile 2009, elle est commémorée le 22 mai.

Le 7 juin 1967, les forces de défense israéliennes réunifièrent la « vieille ville ». C'est ainsi que la ville entière de Jérusalem fut placée sous la souveraineté juive pour la première fois depuis la destruction du second Temple.

L'aumonier général de l'armée, le rabbin Shlomo Goren, sonna du shoffar sous les vestiges du Temple. Et de sa barbe sort un cri larmoyant :

« Voilà 2 000 ans que nous attendons ce moment ! »

Puis, reprenant son souffle :

« Aujourd'hui, un peuple retrouve sa capitale, et une capitale retrouve son peuple ! »

Le 28 Iyar fut déclarée en Israël, journée officielle de fête.

Célébrons ensemble Yom Yerushalaïm !

Présentez vos saluts de paix à Jérusalem
Qu'ils soient heureux ceux qui t'aiment
Psaume 122/6

Il est bon de signaler que si les Juifs ont pu s'étendre sur la terre de Canaan, c'est la conséquence directe des guerres qui lui ont été à plusieurs reprises déclarées par leurs ennemis qui voulaient les détruire. Israël ne fut pas l'agresseur, mais l'agressé, et les accusations de toutes sortes et de toutes provenances sont fondées sur beaucoup de mensonges et d'hypocrisie.

Suite à la réunification de Jérusalem, les Juifs purent accéder au Mur Occidental. Essayez d'imaginer ce que cela a pu représenter pour eux, pouvoir à nouveau aller y prier, supplier, remercier, se lamenter et se réjouir, déverser des torrents de larmes de joie en retrouvant les racines, les lieux saints de leurs ancêtres, déverser des torrents de larmes pour la perte d'un être cher, ou simplement dans l'émotion qui bouleverse tous les raisonnements, se noyant en larmes telles des perles de rosée déversées du Ciel et inondant les c½urs.

Leur c½ur crie vers le Seigneur...
Mur de la fille de Sion, répands jour et nuit
des torrents de larmes !
Ne te donne pas de relâche
Et que ton ½il n'ait point de repos !
Lamentations 2/18


Quiconque s'attriste sur Jérusalem
méritera de la voir dans sa joie !


Le Mur Occidental est le seul vestige du second Temple. Les grosses pierres de l'enceinte hérodienne tiennent les unes sur les autres. Plus de la moitié du mur est au-dessous de l'actuel niveau du sol. Durant la période de contrôle de la « vieille ville », par les jordaniens (1948 – 1967), l'accès au Mur était interdit aux Juifs.

Après la réunification de Jérusalem en juin 1967, on a nettoyé le site et construit une vaste esplanade pavée. C'est maintenant un lieu de prière et de cérémonies publiques. Le Mur Occidental n'est jamais désert à toute heure du jour et de la nuit !

Pendant la guerre des six jours, les soldats israéliens qui purent toucher le Mur après ces longues années où il leur était défendu d'y accéder, furent saisis d'une si violente émotion qu'ils ne pouvaient s'empêcher de caresser le Mur, de l'embrasser, et de l'inonder de leurs larmes et de leurs sanglots.

Cela pourrait sembler un peu excessif pour les mentalités occidentales, mais cela ne l'est pas... loin de là !

Il n'y a qu'à relire les psaumes qui évoquent les souffrances du peuple à cause de l'éloignement des lieux saints, de Jérusalem, pour en être convaincus.

Sur les rives de Babylone, après la destruction du premier Temple, les goïm (non-juifs) emmenèrent les Juifs en Babylonie. Lorsque les pauvres exilés furent loin de Jérusalem, ils s'assirent tristes et fatigués sur les rives du fleuve de Babylone pour se reposer de leur longue route. Ils se souvenaient avec douleur du Temple incendié, de Jérusalem détruite, et se mettaient à pleurer.

« Chantez-nous des cantiques de Sion. Chantez-nous de ces beaux chants que vous chantiez dans votre Temple » leur demandaient les Babyloniens.

« Comment pouvons-nous chanter ici les chants de D-ieu, comment chanter ces chants si saints sur une terre étrangère ? » leur répondirent les exilés.

Sur les bords des fleuves de Babylone,
nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Sion.
Aux saules de la contrée, nous avions suspendu nos harpes.
Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants
et nos oppresseurs de la joie.
Chantez-nous quelques-uns des cantiques de Sion.
Comment chanterions-nous les cantiques de l'E-ternel
sur une terre étrangère ? »
Psaume 137/1 à 4

Les Juifs se promirent de toujours se souvenir de Yerushalaïm, et de ne jamais l'oublier à l'occasion d'un évènement heureux.

Si je t'oublie Jérusalem,
Que ma droite m'oublie !
Que ma langue s'attache à mon palais
Si je ne me souviens de toi,
Si je ne fais de Jérusalem
Le principal sujet de ma joie.
Psaume 137/5 et 6

« Je mettrai Jérusalem au-dessus de ma joie »
Aussi longtemps que Jérusalem est en ruine
Notre joie ne sera pas complète

Jérusalem ne laisse personne insensible. Il n'y a pas d'autre ville qui ait été autant « chantée » que Jérusalem, dans tous les pays, dans toutes les langues, par des Juifs et des non-juifs, par des croyants et des non-croyants. Elle laisse à tous ces visiteurs une émotion palpable et une attirance qui s'imprègne dans leurs c½urs.

Mur de pierre, plus homme encore que l'homme
Mur de lumière depuis la nuit des temps

Quelque chose d'irréel plane sur elle, Jérusalem
Le temps d'un glissement d'aile millénaire, Yerushalaïm

Mur d'amour incomparablement
Plus haut que tous les glorieux sentiments

Quelque chose d'irréel plane sur elle, Jérusalem
Le calme providentiel du soleil, Yerushalaïm
Quelque chose d'irréel comme des pleurs, Jérusalem
Est dans la couleur du ciel de ma douleur,Yerushalaïm

Chanson de Marie Laforêt
Dédiée à son fils Jean-Mehdi Abraham


Extrait d'un voyage à Jérusalem (juillet 1992)

« Comme la lumière de Jérusalem est vive, j'en suis encore
toute ébahie et ravie. C'est vraiment la ville de lumière au sens propre et spirituel ! D'ailleurs, je vois mieux depuis que je suis à Jérusalem. Nous longeons à présent la muraille et sommes émerveillés par la beauté des lieux. A chaque instant, on entend des petits cris d'excitation et d'admiration dans le bus. Nous sommes dans un état euphorique, regardant devant, derrière, de gauche et de droite, pour ne rien rater des trésors de Jérusalem ! Je vois avec ravissement des chameliers juchés sur leur fier animal, des ânes transportant des charges, guidés par leurs propriétaires, vêtus de couleurs chatoyantes. Tout est très coloré le long de la muraille de la vieille ville. Je suis enveloppée d'un bonheur d'une telle intensité que j'aurai voulu que ces moments durent à l'infini... »

L'E-ternel dit à Abraham :
Je te bénirai... et tu seras
une source de bénédiction.
Genèse 12/2



Olivier Rafowicz
Délégué de l'allya pour Israël à Paris
Porte-parole de Tsahal

« Israël est un pays sensuel, et le sens mais aussi l'essence de la vie vivent et bouillonnent partout chez tout le monde dans ce pays. Je crois que c'est ce qui fait l'attrait magique de ce merveilleux endroit. Je ne sais pas si ce sont les gens, la rue, le soleil, le vent ou la pluie parcimonieuse, mais en Israël, la vie a un sens. »

Enfin, c'est sur Jérusalem que nos yeux et notre espérance restent rivés, dans l'attente de Celui que nous chérissons tant Yeshua Ha Mashiah, le Juif, qui revient parmi ses frères pour régner en Roi de Gloire.

Portes, élevez vos linteaux
Elevez-les, portes éternelles !
Que le Roi de Gloire fasse son entrée
!
Psaume 24/9

Et je ne puis m'empêcher de vous citer ces quelques poèmes extraits d'un livre d'étude pour les enfants Juifs.

Quand très bientôt comme on l'espère,
Le grand shoffar sonnera.
Alors de tous les coins de la terre,
D-ieu, tous, nous rassemblera !
Au son de flûtes et de tambours,
Vêtus de leurs plus beaux habits,
Tout le monde, tout le peuple accourt
Pour accueillir le Messie !
D-ieu nous ramènera dans la joie
Vers Israël, notre pays
Et le Mashiah règnera sur Jérusalem rebâtie.

Tous les peuples et tous les rois de la terre
Reconnaîtront le D-ieu d'Israël,
Respecteront les Juifs
Et ne leur feront plus aucun mal.
D-ieu nous rassemblera
Et nous ramènera en Eretz Israël,
Dans notre pays reconstruit.
Tous seront heureux et en bonne santé.

Quand le Mashiah sera là,
Quelle belle époque ce sera !
Dans le monde règnera la paix
Et le calme sera parfait.
Le loup sera près de l'agneau
Et le tigre près du chevreau.
La terre donnera son produit
Et fournira les plus beaux fruits.
Alors toute l'humanité
Reconnaîtra la vérité
Que Seul le D-ieu d'Israël,
Lui Seul est le D-ieu éternel.

Je crois, je crois
C'est l'objet de ma foi
En la venue du Mashiah.
Et même s'Il vient tard,
Malgré cela chaque jour
Je l'attends toujours !


En ce jour-là, l'Eternel sera le seul
D-ieu et Son nom seul sera invoqué
Zacharie 14/9


En ce jour de Yom Yerushalaïm, ayons une pensée particulière pour la ville de lumière.

Jérusalem, la ville d'or
Jérusalem, ville de lumière
Je graverai en moi
Ton image et ton nom !


Jérusalem était gravée dans mon c½ur bien avant mon premier voyage en Israël de juillet 1992. Quand j'ai commencé à lire le Bible, j'étais irrésistiblement entraînée vers l'Orient, et je me mettais à rêver, à m'enivrer et à m'imprégner de tous ces merveilleux passages qui se déroulaient en Israël, et que Yeshua décrivait en paraboles.

Je rêvais, je m'envolais vers d'autres horizons, les paysages, les chemins de Galilée, les rives du lac de Génésareth, le désert, les senteurs orientales, les fleurs, la route qui menait de Jéricho à Jérusalem, les couleurs, les épices...

Aussi quel bonheur d'avoir pu me rendre en Israël, de découvrir Jérusalem comme on découvre un joyau d'une rare beauté et d'une valeur inestimable, capable de faire chavirer les c½urs et de les émouvoir en les imprégnant pour toujours.

Quand les montagnes s'éloigneraient,
Quand les collines chancelleraient,
Mon Amour ne s'éloignera point de toi, dit l'E-ternel.
Esaïe 54/10

L'an prochain à Jérusalem
La shana haba be Yerushalaïm



Que l'E-ternel vous bénisse de Sion
Avec toute mon Affection.
SYLVIANE


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# Posté le jeudi 21 mai 2009 04:24