Gilbert, Posté le vendredi 09 novembre 2007 10:51
Shabbat Shalom !!!
Je vous souhaite de passer un magnifique Shabbat a Toulouse.
En attendant leur retour, voici un divrei thora du Rav Yaakov GUEDJ
Pourquoi nos patriarches ont–ils tellement de mal à avoir des enfants?
La stérilité de nos patriarches et de nos matriarches, pour accablante qu’elle soit, ne les enferme pas dans la fatalité. Leur prière va tisser le cordon ombilical qui les rattache au Maître de la Vie; Lui seul, peut fertiliser le désert de nos existences et assurer une genèse à partir du néant. Un père formant son avenir avec l’aide divine peut faire de l’effet mère une source intarissable.
Rivka, comme Sarah, semblent être plus à même, que leur mari, à comprendre les enjeux des toladot, des engendrements. Pourquoi, à votre avis ?
Il est des aspects dans la vie quotidienne et domestique qui échappent au contrôle du père. Le regard de l’homme est synthétique, celui de la femme analytique. Il procède d’une intuition qu’elle porte en elle naturellement. Avraham devait s’incliner devant la supériorité prophétique de Sarah que le texte dénomme aussi « Ysska », la visionnaire.
D lui-même exige d’Avraham qu’il acquiesce à toutes les requêtes de sa femme. J’en veux pour preuve que cette interprétation irréfutable a reçu l’aval de mon épouse.
Pourquoi, à votre sens, le texte nous raconte –t-il qu'Isaac préférait Essav à Yaakov ?
Le sein maternel de Rivka fut le champ de bataille de deux puissances qui s’affrontèrent depuis leur conception. C’est auprès de Chem et de Ever, que Rivka confirme ses craintes après consultation echo-graphique. Itzhak vit dans l’ignorance d’une telle situation et se laisse induire en erreur par les attentions et la délicatesse apparentes que lui témoigne l’aîné de ses enfants.
Essav semble très proche de son père et ne manque aucune occasion de flatter son palais, aussi bien par les proies de sa chasse, que par l’intérêt qu’il accorde aux questions d’une pure orthodoxie.
La cécité précoce et progressive du patriarche ne fait qu’aggraver un tel manque de clairvoyance.
La discorde entre les deux frères Essav et Yaakov' se résoudra t-elle à la fin des temps ?
Le proverbe dit : « Césarée s’engraisse sur les ruines de Jérusalem et Jérusalem se construit sur les débris de Césarée. »
Edom et Israël constituent deux entités radicalement opposées ayant la prétention d’occuper le premier rang au détriment de l’autre.
Cette opposition cessera dès lors qu’Essav réintégrera sa famille d’origine pour partager avec Yaakov et les bénédictions et le droit d’aînesse. Si malheureusement, comme l’affirme Rabbi Chimon, la haine d’Essav pour Yaakov est un principe légal, et bien acquis comme l’histoire l’a souvent démontré, il faut espérer que le mérite de notre fidélité à l’alliance divine convaincra Essav de ne pas suivre cette halakha à la lettre.
Si la providence a fait rouler la tête d’Essav à l’intérieur de la méarat hamakhpéla c’est peut-être pour obtenir son tikoun. Les signes précurseurs d’une concorde appelée de tous nos vœux ne peuvent être qu’encourageants dès lors qu’un Edomite comme Ovadia devint prophète d’Israël, que le Romain Aquilas fut le premier traducteur de la Torah et qu’Antonin le Pieux fut le condisciple de Rabbi Yehouda haNassi. Ils ne sont pas fous ces Juifs qui disent que le loup paîtra avec l’agneau.
